Je parcours l’allée des casiers en courant. Pas le temps de m’y arrêter. Ce matin, je n’ai pas le temps de choisir soigneusement mes vêtements. Un pull gris assemblé à un jean slim bleu foncé font l’affaire. Rein de voyant ou qui pourrait attirer l’œil des lycées, comme à mon habitude. J’ai caché mon visage derrière mes cheveux que j’ai exceptionnellement bouclé. Ma veste noir participe à me faire passer inaperçue. Je n’ai d’ailleurs aucun mal pour cela : peu de lycéen doivent connaître mon nom. D’ailleurs, personne ne remarquera mon retard, sauf Perrine, ma seul et meilleure amie.
Toute autre
personne, en vue des prochaines heures qu’il jugerait inintéressantes,
prendrait tout son temps, traînant dans les couloirs en espérant rater une
bonne partie de l’heure de mathématiques où je me rends. Mais je ne suis pas
comme eux. Je ne me voie pas rater une heure de cours, quelle qu’elle soit. Les
dix minutes que je viens de rater dû au retard de mon bus me mettent déjà la
pression. Arriver le plus vite possible, courir encore. Mon attirance et ma curiosité
envers ce qui m’est inconnu me pousse à apprendre, à comprendre. Seulement parfois
le temps me manque pour pouvoir prendre connaissance de tout ce savoir dont le
monde abonde. Je n’ai toutefois pas à me plaindre : je suis l’une des lycéennes
les plus intelligentes. La plupart des élèves pourraient l‘être tout autant que
moi. Ils ne leur manque plus qu’une chose : l’esprit critique. En effet, l’analyse
c’est plutôt mon truc, que ce soit l’analyse d’un texte ou d’une situation. Je ne
le montre seulement pas aux autres, et essaye au contraire de me faire oublier.
Certainement suis-je trop timide. Mais la seule façon d’éviter les jugements des
autres restes l’anonymat.
La porte de
la salle où mon cours de mathématiques a déjà commencé apparaît dans mon champ
de vision. J’y entre, prête à regagner ma place silencieusement, quand le professeur
m’interpelle :
-
Mademoiselle Lavande Fabre. Il
fait une pose pour laisser ses mots peser dans la classe, puis reprend avec un dessein
bien clair : me ridiculiser. Quelle excuse pouvez-vous nous fournir pour
votre retard /
Je rougis à
la simple idée que les yeux de toute ma classe de première Aigue soient tournés
vers moi. Bien que je sois une bonne élève de par mon savoir, certains
professeurs ne me portent pas dans leur cœur à cause de mon manque de
participation causé par ma timidité trop marquée. Malheureusement, le
professeur de mathématiques en fait partie.
-
Re…retard de bus, finis-je par
dire.
Sans attendre
l’accord du professeur, je cours rejoindre ma place, à côté de Perrine. Le professeur
de désintéresse totalement de moi et reprend son cours.
-
T’es vraiment sublime avec les
cheveux bouclés, presque tout autant qu’avec les cheveux lisses et naturels !
s’exclama ma meilleure amie en chuchotant.
Je hausse
les épaules, absolument pas convaincue. Ma mère et Perrine m’affirme souvent
que je possède une grande beauté, et que je vais attirer tous les mecs. Seulement
voilà, je ne suis jamais sortie avec quelqu’un, et je pense qu’elles disent ça
uniquement pour m’y faire croire. Mais pourquoi faire croire à quelqu’un qu’il
est beau si la vérité est autre ? Peut-être que c’est vrai, peut être que
je ne suis pas si moche que je ne le crois ? Non, c’est faux.
-
Aller, arrête un peu ! tu
es magnifique et tu devrais prendre un peu plus confiance en toi ! me
conseille mon amie de toujours.
Le voilà
mon principal problème, combiné avec ma timidité. Ma confiance en moi doit s’élever
à…0.
Voyant que la conversation ne mène nulle
part, Perrine retombe dans le silence qu’adoptent les autres élèves, reportant
son attention sur le professeur et son cours.




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