vendredi 9 septembre 2016

Chapitre 3 : Sasha Priska

Hello ! Désolée pour le retard du chapitre, je suis débordée mais toujours motivée ne vous inquiétez pas. Cepassage est, d'après moi, un moment fort de l'intrigue, j'espère qu'il vous plaira.
Alors que je fouille sans trop de conviction dans mon casier, à la recherche de mon cahier de sciences, quelqu'un claque violemment le casier adjacent. Je me tourne instinctivement et détaille de haut en bas la personne à mes côtés. Ses longues mèches blondes parfaitement lissées lui tombent jusqu'aux fesses, couvrant entièrement le dos de son pull en cachemire. Des escarpins haut perchés et un rouge à lèvre audacieux agrémentent le look de la pimpante lycéenne. Sarah. Tel est le prénom de cette bimbo, grande amie de Julia et prétendante à mon titre de petie copine de Maxence. Voyant que mon regard s'attarde sur ses vêtements, elle se braque.
  • Oh mais c'est Sasha  !  La petite basketteuse… Tu es perdue sans ton chéri dis-moi  !  Mais que fera tu quand il sera mien  ?
Je soutient son regard perçant et, de mon léger accent russe, je lui rétorque avec sarcasme :
  • Rappelle moi ton nom ?  Ah oui Sarah. Désolée mais tu es vingtième sur la liste d'attente...
Je scelle à mon tour mon casier et me dirige d'une démarche assurée vers la sortie du bâtiment, cachant sans peine ma légère inquietude. En effet, il y a de cela trois heures, pendant le passionnant cours de M. Durand, Madame Redsco a arraché Maxence à notre classe, de manière plutôt théâtrale je l’admets. Je m’assieds sur le banc à la sortie de l'établissement et sors mon téléphone. Max m'a envoyé un texto il y a quelques minutes.
“ Trop bouleversé pour tout t'expliquer. Mon père n'est plus là… Ne t'inquiètes pas pour moi…”
Je m’empresse de transférer son message a Appoline et Romain.
  Je relis plusieurs fois le message de mon copain, tentant de comprendre la réelle signification de “ Mon père n'est plus la…” Des milliards de questions se précipitent dans mon esprit. Je rédige des dizaines de messages pour réconforter Maxence sans trouver les bons mots. Finalement, ne sachant quoi répondre, je mets mon téléphone en veille et monte dans le premier bus qui arrive sans trop savoir ou je vais. Certes Patrick Redsco n'est pas de ma famille, mais c’est tout comme. Ou c'était tout comme, devrais je dire. Il m'a entraînée au basket, ma offert ma première planche de skateboard, m'a emmenée avec sa famille en vacances…
Le bus s’arrête en centre ville et, sans objectif précis, je descends. A cette heure, la ville est agitée, tourmentée par les collégiens qui rentrent chez eux, les travailleurs pressés, et tous les autres… Le brouhaha assourdissant résonne dans ma tête, comme un écho à mes troubles pensées. Je flâne de rue en rue, espérant trouver des réponses à je ne sais quelles questions. Patrick était un deuxième père. Depuis un bon moment déjà, il tenait ce rôle à la perfection, rivalisant avec Vladimir Priska, celui qui l’est officiellement. Mes pensées dérivent à ma famille, et je tente de m’imaginer à la place de mon petit ami, si mon père n’était plus là. Pour les Priska, tout serait différent : ni mes soeurs ni moi ne sommes proches de nos parents. Nous nous sommes toujours occupées toutes les quatre, lorsqu’il étaient au travail.
Je reçois un message d’Apolline, surement un message groupé destiné à tout le lycée : “Nous vous annonçons avec peine la tragique disparition de M. Redsco, professeur d’éducation physique au lycée.” Je savais quelle ferait ça. Apolline connait tout le monde, elle aime être la première au courant de tout et surtout être celle qui donne l’information.
Je lève les yeux et remarque que, sans m’en être aperçue, je me suis instinctivement dirigée vers la rue des Redsco. Elle est encore plus animée que le reste du quartier. Des passants se bousculent vers l’immeuble de Maxence, stoppés dans leur avancée par des policiers en uniforme. Je distingue une banderole blanche strillée de rouge, qui marque une zone interdite. Les gens sont bruyants, discutent avec passion du fait divers. Certains plaignent la famille, d’autre s’éloignent , choqués, certaines filles pleurent, rassurées tant bien que mal par les autres. La foule s’approche de plus en plus, commente, s’indigne, prie ou s’éloigne avec peur. Toute cette attention m’effraie mais je reste impassible, comme toujours. Je veux comprendre. Poussant mes voisins du coude, je me fraie un chemin dans la masse et, me hissant sur la pointe des pieds, j’aperçois plus facilement la scène. Malgré tout ce qui se trouve autour de moi, un seul détail -si on peut même appeler ça un détail- attire mon attention et brise mon expression de glace.

Une tâche écarlate marque les pavés.

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