vendredi 16 juin 2017

Ecrit d'Invention du Bac de Khira

Salut à tous, 
Alors hier nous avons passé l'écrit du bac de français. J'étais très stressée mais au final rassurée de découvrir ma copie aux vues du sujet. J'étais plutôt inspirée par l'écrit d'invention et je suis très contente de pouvoir le partager avec vous. 
Khira
Emmanuel Macron et François Fillon veulent réformer le baccalauréat, souvent critiqué pour sa lourdeur et son coût. Entre "ticket de parking" et "capital éducatif important", ce rite de passage n'a pas connu de réforme depuis plus de 20 ans.


          J'avais convaincu mes parents de me laisser quitter la maison pour me rendre dans la rue commerçante, bien décidée à découvrir la ville et ses habitants avant la rentrée scolaire du lendemain. J'avais déjà parcouru près d'un kilomètre lorsqu'à ma grande déception, les premières gouttes apparurent, annonçant le violent orage à venir. Sans surprise, quelques courts instants plus tard, le ciel déversait sur moi une pluie torrentielle. Les cheveux détrempés et le bas de mon pantalon témoignant des nombreuses flaques, je m'engouffrai dans le premier bâtiment. 

          C'était un cinéma. D'une machine à pop corn émanait une douce odeur de sucre et de beurre. Je n'eux pas le temps de profiter du confort du hall d'entrée qu'un adolescent au regard vide et vêtu d'un uniforme trop grand m'approcha. Il me fit comprendre avec la plus grande des politesses qu'il m'était impossible de rester dans le cinéma si je ne venais pas pour une projection. Aussi, je déboursai les quelques euros que j'avais en poche afin d'acheter une place pour l'unique film qu'ils diffusaient. 
          La salle était remplie de familles et de groupes d'adolescents qui, comme moi, s'étaient réfugiés ici pour échapper aux intempéries.  

          Le film n'avait rien d'extraordinaire : une banale comédie romantique dans laquelle des acteurs bien trop payés de pavanaient tout en récitant un texte sans la moindre originalité. Je me demandai soudainement pour quelles raisons un film aussi inintéressant pouvait être proposé au cinéma. Surement pour les visiteurs perdus comme moi, ou les jeunes collégiennes en adoration devant l'acteur principal au visage retouché à l’ordinateur. 
          Brusquement, par je ne sais quel phénomène surnaturel, la salle fut plongée dans un silence brutal. Je levai instinctivement la tête vers l'écran géant, à temps pour apercevoir un personnage pousser une porte. 

          La pièce était exiguë. Les murs étaient à peine visibles entre les étagères qui menaçaient de s'écrouler sous le poids de livres. Le soleil perçait à travers les rideaux de l'unique fenêtre et faisaient luire le parquet de bois ancien. Il me fallut quelques secondes pour apercevoir, entre les piles de romans, derrière le comptoir, la petite femme au visage tendre qui gardait les yeux rivés sur son carnet. Rien ne semblait pouvoir la tirer de ses rêveries, ni le doux chant des oiseaux au dehors, ni les clients qui, d'un geste maladroit, renversaient un pile de manuscrits, ni même le carillon qui annonçait joyeusement l'arrivée de nouveaux intéressés. 
          Un frisson me parcourut; j'étais bien. La chaleur du commerce me parvenait. Non seulement ma vue mais aussi tous mes sens étaient exaltés par ce coin de paradis. Je n'avais jamais ressenti une telle harmonie, une telle tranquillité, une telle envie de demeurer assis dans ce fauteuil rouge, dans cette apaisante obscurité, à jamais. 

          Je me trouvais encore dans la librairie lorsque les lumières se rallumèrent et m'agressèrent, me dévoilant la triste réalité. Je me forçai à me lever et poussai sans conviction la porte battante du cinéma. Dehors, le ciel avait changé. Le soleil était aveuglant, les oiseaux chantaient, et il me sembla même percevoir une odeur d'encre, de cuir et de papier. 


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