mercredi 7 septembre 2016

Chapitre 2 : Eva Dakota

C’est la fin du cours de français avec Mme.Veila. Après avoir manqué une semaine de cours, je suis obligée de me concentrer au maximum et heureusement que le cours est ralentit à cause de Sacha et Maxence et leur groupe d’ami perturbant qui empêchent la prof de se faire entendre. Étrangement, personne ne trouve le couple de Sacha et Maxence crédible et ma peur des pensées des autres me fait dire pareil, mais au fond de moi je les trouve mignons… dommage qu’ils soient insolents.
-Oh mon Dieu! s’exclame Mme.Veila, il ne reste plus que cinq minutes! Sortez vos agendas et notez l’exercice à finir pour jeudi!
Une boule apparaît dans mon ventre. Je panique presque. Je n’arrive plus à écrire tellement je tremble… Lia, ma voisine de classe, est une très bonne amie, j’ai une grande confiance en elle. Elle a eu un passé tumultueux et depuis elle profite de la vie à fond. Elle me demande ce qu’il m’arrive. Je ne peux répondre à cette question, j’essaye à tout prix de retenir mes larmes… on  a cours de sport juste après et c’est notre dernière heure… j’ai peur… pas M.Redsco…
*Nous étions au cours de sport, et comme j’en avais tant l’habitude, le professeur me demandait de faire des choses étranges. A moi et non pas aux autres. Nous faisions acrosport, et il voulait toujours me faire prendre une position d’équilibre en équerre ou à quatre pattes avec dos creux dans les figures…*
Je me fais interrompre de mes pensées par Lia qui me signale la sonnerie. Et plutôt que de la suivre pour rejoindre Amandine, je pars en courant vers les toilettes de la cour et je m’enferme dans celui qui est réservé aux handicapés dans lequel il y a un miroir. Et je scrute ce visage blanc pâle, entouré de cheveux teintés acajou et appuyé par des yeux vert malachite. La fatigue se dessine sur ce visage féminin et une larme perle au coin de son oeil… tout ce que je souhaitais oublier revient avec une brutalité démentielle.
*Mais ce jour là en particulier avait pris une toute autre tournure. Aussi bouleversante que choquante. Je ne pensais plus qu'à ce moment précis; j'en étais terrorisée et j'en resterais traumatisée. Pourquoi moi? Cet instant de pure souffrance et de torture avait duré une éternité, et cet événement me hantait comme s'il durait encore dans ma conscience. Je pensais que j’endurerais cette douleur pour le restant de mes jours…*
Il faut que j'arrête d'y penser, c'est trop douloureux, il faut que j'oublie… absolument. Alors je sèche mes larmes et remets mon maquillage en place. Je m’extirpe hors des toilettes et je cherche mon frère un grand terminal aux yeux verts dans cette cour; une fois ma cible trouvée, je me dirige vers lui avec hâte et je remarque qu'il est accompagné d'une jolie fille que j'ai déjà aperçue auparavant… Mais je ne connais pas son nom. Elle est brune avec des yeux bleu clair, des traits de visage fins et des cheveux qui sont bouclés, je doute quand même que ce soit naturel. Je trouve cette fille resplendissante et elle a l'air vraiment gentille, et Jérémy est avec elle... ça sent quelque chose!
-Ah! Tiens, voilà ma petite Evy! dit-il avec un rictus malicieux. Il sait parfaitement que je deteste ce surnom. Je te présente Lavande, elle était en permanence avec moi, je suis sûr que vous allez vous entendre à merveille.
-Oui, c'est vrai, M.Redsco n'est pas là cet après midi. C'est étrange, il était là ce matin selon Jérémy.
Médusée, je les regarde et un sourire se dessine au coin de mes lèvres. Ils se demandent ce qui m'arrive, surtout Jérémy, il sait que je ne suis pas comme ça en apprenant ce genre de nouvelle. Je retiens une larme qui tente de s'échapper et saute au cou de Lavande. Elle est toute pétrifiée et je suis choquée de ce que je viens de faire. Je me sépare de Lavande t je regarde au sol en agitant les mains en l'air pour faire comprendre que je regrette mon acte.
-Oh désolée! Désolée! Ça ne me ressemble pas de faire ça, pardon!
-Non ne t'inquiète pas c'est rien.
Je peux apercevoir mon frère me lancer un coup d'oeil, il a l'air troublé. Il me questionne du regard mais au même moment, ses amis l'appellent et il s'en va les rejoindre.
-Jay! Vu que j'ai fini les cours je t'attends pour rentrer, dis-je
-Tu fais bien…
Il n'a même pas réagit au fait que je l'ai appelé “Jay”, c'est étrange. Mais j'ai bien compris son message et je m'y attendais de toute manière : il va me dire deux ou trois mots sur notre chemin du retour. J'angoisse déjà à la question qu'il va me poser en premier, c'est prévisible : “Que s'est-il passé pour que le psychologue t'arrête une semaine entière?”

Mais pour l'instant je dois essayer de me détendre, je suis encore avec Lavande. Nous discutons ensemble encore une bonne dizaine de minutes avant la sonnerie. Nous nous sommes tellement bien entendues que nous avons échangé nos numéros avant de devoir partir chacune de notre côté.

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